Marie-Anne Erhart

 

La ruée vers l’or aux Amériques au 19e siècle.

 

 

Puisque la Société d’Histoire  et d’archéologie d’Eguisheim comprend aussi une section « Généalogie »  il nous semble intéressant de relater le parcours d’une concitoyenne d’Eguisheim, à un moment où les Amériques ouvraient largement leurs portes afin d’accueillir, sur leurs terres, des renforts utiles au peuplement des Etats. A ce sujet, nous avons trouvé une  annonce de la Compagnie générale de Bateaux à vapeur à Hélice, mentionnant ses prix  du Havre à New-York. D’autre part, la Colonie alsacienne à Mulhouse fit appel à différents corps de métiers, dont des cultivateurs, charpentiers, menuisiers, maréchaux ferrants, serruriers et autres. Il n’était pas indispensable de parler anglais, écrivait-on, puisque dans la colonie on parlera français et allemand. Il leur était assuré de trouver un bon terrain et du bois pour construire un chez-soi. Voilà ce qui semblait intéressant, à de très nombreux Alsaciens, pour tenter l’aventure.

 

Marie-Anne Erhart, native d’Eguisheim et sa famille y étaient.

 

Nous avons eu le plaisir de recevoir Bernadette Whitmore, domiciliée à Seattle (Washington), arrière-arrière petite fille de Marie-Anne Erhart et  de François Joseph Kuen. Ce couple s’est  marié à l’église Saint Michel de Herrlisheim et a donné naissance à quatre enfants. Avec leurs enfants en bas âge, les deux époux ont embarqué au Havre, Félix l’arrière-grand père de Bernadette, le cadet et dernier de la fratrie, avait un an. Ils sont arrivés à New-York le 27 mai 1852.

 

François Joseph Kuen avait trois frères. Deux de ses frères ont immigré aux Etats-Unis. Matthias a débarqué au port de New York le 25 Mars 1847 et l’ainé Jean-Baptiste était arrivé au port de Saint-Louis dans le Missouri le 30 Décembre 1847. Jean-Baptiste et sa famille sont revenus en France en 1872 et se sont établis dans le département du Doubs. 

 

Le quatrième Nicolas est resté en Alsace et c’est à Barr que Bernadette a retrouvé un de ses descendants. Ils ont eu l’occasion de se rencontrer et de faire connaissance. Ils en ont profité pour se rendre à l’église Saint-Michel de Herrlisheim pour découvrir le lieu de mariage de leurs ancêtres. Ce fut un moment d’émotion et de joie.

 

Qu’est devenu le couple Kuen – Erhart aux Etats-Unis. ?

 

Arrivés à  New-York, ils ont voyagé séparément, François Joseph a rejoint son frère, avec sa famille. Ils se sont établis dans l’Etat  d’Iowa, où ensemble ils ont acheté des terres. Plus tard ils ont pu acquérir une ferme  en Iowa, où ils ont pu participer activement à la création d’une paroisse. Ils ont fait construire une église catholique, qui a été entourée d’un  cimetière, où une partie de la famille est enterrée.

 

Mais, en construisant une église, il fallait  lui donner un patron. C’était chose facile pour des Alsaciens et de Herrlisheim en particulier. Il n’y avait que Saint Michel qui venait à l’esprit et qui, de toute évidence, a été retenu 

                                                                 

                                                                  Herrlisheim près Colmar, septembre 2013

                                                                                                     François Thomann.

 

 

Le couple Kuen - Erhart à leur arrivée en terre américaine.

 

Nous voulons revenir sur notre dernier article concernant Marie-Anne Erhart, native d’Eguisheim et sa famille, dont François Joseph Kuen de Herrlisheim, qui, le 27 mai 1852 débarquèrent à New-York du bateau Mary Annah, selon la liste d’arrivée aux Amériques.

Le couple était accompagné de leurs enfants, trois filles et un garçon. Marie-Anne, Anne-Marie et Marie-Catherine, ainsi que Félix, le dernier de la fratrie. Il n’était alors âgé que de sept mois en arrivant dans cette immense contrée, pour laquelle l’ambition régnait.

 

Une acre de terre au prix d’un dollar vingt cinq.

 

Après leur installation dans l’Etat d’Ohio où les attendait Mathias, le frère de François Joseph, arrivé en l’an 1847, ils ont pu acquérir 65 ha de terre (160 acres) au prix d’un dollar vingt cinq l’acre. Ensemble, ils se sont lancés dans l’agriculture et faisaient de l’élevage de gibier. Ils habitaient Benton County en Iowa. C’est à cet endroit qu’ils ont participé à la création d’une paroisse et à la construction de l’église Saint Michel. Même le cimetière porte le nom de Saint Michel où est enterrée pratiquement toute la famille.

De par ces faits, nous voulons bien croire que le patron de l’église de Herrlisheim devait leur manquer. Cela paraît vraisemblable pour ceux qui quittent leur pays pour se lancer dans une telle aventure.

Félix, le cadet, l’arrière grand-père de Bernadette, quitta Benton County pour s’installer à Seattle, dans l’Etat de Washington, où son fils Harry Joseph devint avocat. La fille de ce dernier, mariée Whitmore enfanta Bernadette qui est restée en cette ville. Elle y demeure encore.

 

Bernadette sur la terre de ses ancêtres.

 

Bernadette nous a rendu visite au mois de septembre 2011, après quelques échanges de courriels, le premier étant adressé à l’abbé Gabriel Girroy qui a bien voulu nous le transmettre pour les recherches dans les différentes archives, paroissiales et communales. Bernadette fit le reste dans son pays. Mais il nous fut facile de constituer ce dossier, à Herrlisheim pour la famille Kuen, à Eguisheim et à Wettolsheim pour la famille Erhart.

Lors de son séjour en Alsace où elle fit connaissance de son cousin à Barr, nous l’avons reçue à deux reprises, Bernadette voulut connaître en particulier l’église Saint Michel, le lieu où son arrière-arrière grand père a été baptisé, il y fit sa communion et où ce jeune couple s’y est marié le 7 février 1844, avant de quitter les terres d’Alsace. Ce fut pour elle un moment émouvant. Elle s’est fait photographier devant la belle et grande statue dorée de Saint Michel, le Patron de notre église.

 

Bernadette, reviendra -t-elle en Alsace ?

 

Par la suite, nos relations sont devenues cordiales, voire amicales. Et déjà Bernadette nous a fait part qu’elle envisage de revenir en Alsace, à Eguisheim très exactement au courant de l’année 2014, peut-être ?

C’est ainsi que je peux reprendre ma phrase de mon livre « Une paroisse et son patron » page 12

 

« Partout et à tous les instants de l’histoire, des hommes et des femmes ont déposé leurs empreintes sur les pierres de leur maison, confié leur âme juste le temps d’une prière dans la petite église du village où ils sont nés ».

 

Février 2014

François Thomann

 

 

 

Sources : - Archives municipales des communes de Herrlisheim, Eguisheim et Wettolsheim concernant l’état civil des ancêtres Kuen - Erhart

-Archives départementales, pour les passeports en particulier.

 

-Documents remis par Madame Bernadette Whitmore, selon ses recherches personnelles, dont les archives américaines d’émigration.